Ce matin, des militants Greenpeace ont escaladé le siège du groupe agrochimique Syngenta à Bâle, qui nie systématiquement que ses pesticides tuent les abeilles. Pour lutter contre la disparition de ces insectes indispensables à la pollinisation, il est urgent d’interdire complètement les pesticides qui leur sont nocifs, en particulier le Thiamethoxame. Mais Syngenta préfère s’en tenir à sa logique de profit, plutôt que de protéger les abeilles, l’environnement et la santé publique. Il appartient au Conseil fédéral de protéger nos abeilles et la production agricole contre l’avidité des groupes agrochimiques.
Ce matin tôt, des militants Greenpeace ont escaladé le siège du groupe agrochimique Syngenta à Bâle. Ils y ont fixé une grande banderole avec l’inscription “Syngenta Pesticides Kill Bees!”. Avec un chiffre d’affaires de 14.2 milliards de dollars, Syngenta est en tête des producteurs de pesticides. Elle vend le principe actif du Thiamethoxame sous les noms d’Actara et de Cruiser. Ce sont les pires ennemis des abeilles. Ils sont utilisés pour enrober les semences ou sont directement aspergés sur les plantes.
Des études effectuées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ainsi qu’une étude Greenpeace publiée à la mi-avril démontrent qu’une faible dose provoque déjà des problèmes de vol et d’orientation chez les abeilles, réduit leur capacité à rechercher efficacement leur nourriture et peut aussi rendre les essaims plus vulnérables aux maladies et aux parasites.
Cela fait 15 ans qu’en Amérique du Nord et en Europe les abeilles disparaissent dans des proportions inquiétantes. Cette mortalité peut atteindre 53% suivant les années et les régions. En plus des parasites, des maladies, des effets du changement climatique et de l’appauvrissement de la biodiversité, les pratiques de l’agriculture industrielle et en particulier l’usage accru de pesticides ont une grande part de responsabilité dans le décès des abeilles.
C’est pourquoi la Commission européenne veut interdire les produits de Syngenta qui contiennent du Thiamethoxame, ainsi que le Clothianidine et l’Imidaclopride de l’entreprise Bayer. L’industrie agrochimique est montée au créneau contre cette interdiction. Ces poisons sont déjà prohibés depuis des années en France, en Allemagne, en Slovénie et en Italie – les populations d’abeilles s’y sont rétablies et il n’y a pas eu de pertes de récoltes comme le prouvent des chiffres italiens. Le gouvernement suisse reste passif. Johann Schneider-Ammann, le conseiller fédéral en charge de l’agriculture semble s’être laissé impressionner par les menaces de Syngenta.
“Syngenta doit cesser de mentir. Elle ne s’intéresse qu’au profit et ne se préoccupe pas des abeilles. Le déclin dramatique des abeilles domestiques et sauvages est un symptôme d’une agriculture industrielle qui a fait fausse route et qui sert principalement les intérêts de grandes entreprises”, dénonce Marianne Künzle, chargée de campagne agriculture pour Greenpeace Suisse. “Il faut que cela cesse!” Interdire les pesticides nocifs pour les abeilles est un premier pas important pour empêcher la mort massive des insectes pollinisateurs. Greenpeace a identifié les sept principaux tueurs d’abeilles qu’il faudrait interdire immédiatement: Thiamethoxame (Syngenta), Clothianidine, Imidaclopride (Bayer), Fipronil (BASF), Chlorpyriphos, Cypermethrine et Deltamethrine (différents fabricants). Greenpeace exige aussi une stratégie nationale claire pour réduire l’utilisation des pesticides dans l’agriculture suisse et promouvoir une agriculture biologique et une production intégrée optimisée.
