D’après de récentes études scientifiques, l’agriculture industrielle intensive contribue au déclin des abeilles et des services de pollinisation, qui sont pourtant indispensables pour nos cultures et pour les fleurs sauvages. L’utilisation de plus en plus répandue d’engrais, d’herbicides et d’insecticides, leurs effets synergétiques néfastes pour la santé des pollinisateurs (Johnston et al. 2014 ; Tirado et al. 2013) et la disparition des habitats naturels et semi-naturels au niveau des champs, des exploitations et du paysage constituent les principaux moteurs du syndrome de l’effondrement des colonies d’abeilles. L’agriculture industrielle moderne pose également d’autres problèmes : résistance accrue des nuisibles et des adventices, dégradation de la fertilité des sols et de leur capacité à retenir l’eau, contamination des nappes phréatiques, consommation importante d’énergie, émissions élevées de CO2, réduction des capacités de résilience et vulnérabilité accrue aux changements climatiques. Les agriculteurs sont en outre de plus en plus dépendants des produits chimiques et des semences commercialisés par les multinationales du secteur.
Résumé
Le déclin massif des abeilles sauvages et domestiques constaté ces dernières années en Europe et en Amérique du Nord est très préoccupant car nous sommes dépendants de ces pollinisateurs, que ce soit pour la biodiversité ou pour la sécurité alimentaire mondiale.En Europe, par exemple, les populations d’abeilles domestiques ont chuté de 25 % entre 1985 et 2005. Cet effondrement des colonies a entraîné une « crise de la pollinisation » à l’échelle mondiale. Les services de pollinisation rendus par les abeilles sont désormais limités, et les rendements et la qualité des récoltes pourraient en être affectés. La recherche scientifique montre qu’il est essentiel de préserver la diversité des espèces sauvages d’abeilles pour garantir la durabilité de la production agricole. Il est donc impossible de dépendre exclusivement des abeilles domestiques pour assurer la pollinisation.
Les pratiques agricoles industrielles qui prévalent aujourd’hui ont donc de nombreuses répercussions négatives. Un modèle alternatif, basé sur l’agriculture écologique moderne, pourrait garantir la production alimentaire et éviter ces effets négatifs. Les travaux scientifiques présentés dans le présent rapport montrent que la mise en place d’un modèle agricole écologique est possible, et qu’en réalité il s’agit de la seule solution face aux problèmes toujours plus nombreux posés par l’agriculture industrielle. L’agriculture écologique repose notamment sur des méthodes biologiques et favorise la biodiversité au sein des exploitations agricoles, ainsi que la restauration d’habitats semi-naturels en tant que zones de compensation écologique pour les abeilles et d’autres espèces. L’agriculture écologique exclut l’utilisation de pesticides et d’herbicides chimiques de synthèse, préservant ainsi les abeilles des effets toxiques de ces produits agrochimiques.
Solutions pour préserver les abeilles
et favoriser l’agriculture écologique
cesser d’utiliser les pesticides chimiques
L’utilisation d’herbicides dans l’agriculture industrielle diminue les ressources florales au sein et en bordure des terres arables, et la pulvérisation d’herbicides et d’engrais minéraux dans les prairies contribue à la raréfaction de ces ressources, ce qui est préjudiciable pour les abeilles. La solution est de s’orienter vers une agriculture écologique qui rendrait inutile le recours aux pesticides et herbicides de synthèse.
Conservation de l’habitat
La conservation des habitats naturels et semi-naturels dans et autour des parcelles cultivées est essentielle à la préservation de la biodiversité sauvage, des espèces d’abeilles indigènes et des ennemis naturels des ravageurs. La dégradation continue de ces habitats compromet la survie de ces espèces qui sont pourtant bénéfiques à l’agriculture et à la diversité biologique dans son ensemble.
La restauration des habitats semi-naturels
Les données scientifiques montrent qu’il est essentiel de renforcer les habitats semi-naturels au sein des exploitations agricoles pour soutenir le rétablissement des populations d’abeilles sauvages, et pour maintenir à leur niveau maximum les services de pollinisation des cultures et des plantes sauvages. On estime ainsi qu’une augmentation de 10 % du nombre d’habitats de haute qualité va de pair avec une progression de 37 % en moyenne de l’abondance et de la diversité des abeilles sauvages.
Renforcer les habitats
Il faut encourager l’ensemencement de diverses plantes et légumineuses indigènes pour favoriser la production de pollen et de nectar et la disponibilité des ressources florales pour les abeilles. Dans le cadre des MAE, il convient en outre de mettre à profit les connaissances scientifiques déjà disponibles pour privilégier l’application de l’agro-biodiversité fonctionnelle (FAB), et notamment l’adoption de mélanges de semences visant à renforcer la présence des prédateurs naturels des nuisibles, et le recours à des techniques naturelles de lutte antiparasitaire.
Envoyez un courriel à l’Office fédéral de l’agriculture:
Monsieur le Conseiller fédéral,
Afin de ralentir le déclin des abeilles, je vous demande de bannir immédiatement tous les pesticides. L’interdiction partielle de l’an passé n’a pas suffi. Il vous appartient de prendre des mesures urgentes pour protéger les abeilles.
Depuis plusieurs années dans le monde entier, les apiculteurs enregistrent des taux de mortalité élevés. Les pesticides constituent l’une des plus grandes menaces pour les pollinisateurs. Il faut savoir qu’un tiers de la production alimentaire mondiale dépend des abeilles et autres insectes.
Monsieur le Conseiller fédéral, en tant que chef du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche ainsi que de l’Office fédéral de l’agriculture qui y est rattaché, j’attends que vous vous engagiez pour la survie des colonies d’abeilles en Suisse.
Je demande:
- Une interdiction immédiate des pesticides les plus nocifs.
- Une stratégie nationale clairement définie pour réduire l’utilisation de pesticides en Suisse.
- Un soutien conséquent de l’agriculture biologique et de la production intégrée.
A l’attention de:
- Johann Schneider-Ammann
-
Office fédéral de l’agriculture (OFAG)
- Mattenhofstrasse 5
- 3003 Berne, Suisse
courriels envoyés
Vos coordonnées
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Sophie Salpistis s'est engagé pour les abeilles


